Heures de Corse by Jean Lorrain

(2 User reviews)   3980
Lorrain, Jean, 1855-1906 Lorrain, Jean, 1855-1906
French
Ever read a book that feels like a fever dream? That's 'Heures de Corse' for you. It's not a straightforward story, but a collection of sketches and impressions from Jean Lorrain's time in Corsica. He paints this island as a place of raw, untamed beauty and shadowy secrets. The 'conflict' here is between the romanticized Mediterranean paradise everyone expects and the gritty, sometimes brutal reality Lorrain actually finds. It's like watching a painter create a masterpiece, then realizing he's using mud and blood instead of pretty watercolors. If you want a travelogue that's more about the darkness in the soul than the sights on a postcard, this is your weird, wonderful ticket.
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politiciens et d’intrigues, empoisonné par la reprise de l’Affaire. Quelles émotions me donnera la Corse, la Corse odorante et sauvage, à laquelle je vais demander le repos, la santé et l’oubli? «Nous allons danser, cette nuit», a déclaré le commandant du bord; or, on dit les bateaux de la Compagnie Fraissinet atroces, de vieux bateaux inconfortables et volages qui tiennent mal la mer, et je ne suis pas sans inquiétude: la Méditerranée est, ce soir, particulièrement houleuse, ses lames courtes secouent tout le bâtiment, de l’avant à l’arrière, et, étrangement balancée, la _Ville-de-Bastia_ remonte et redescend le vallonnement creusé des vagues, dans un glissement effarant de montagne russe; elle est pourtant suffisamment lestée, aujourd’hui, la _Ville-de-Bastia_: les vacances du Jour de l’An ont bondé troisièmes, secondes et premières de permissionnaires de casernes et de séminaires, chasseurs alpins, marins de l’État, artilleurs de forteresse, apprentis prêtres, collégiens avec ou sans famille, il y a de tout, ce soir, à bord, et que de bagages! Avons-nous assez attendu, pour leur embarquement et leur arrimage, dans ce port de la Joliette! En sortant des jetées, nous n’avions déjà qu’une heure de retard. Et voilà que la cathédrale, les drisses, les vergues et les cheminées de la Joliette, déjà, nous ne les voyons plus; la _Bonne Mère_ (Notre-Dame-de-la-Garde) seule se profile sur sa côte calcaire, au-dessus du quartier d’Endoum; sur un ciel de limbes, strié de lueurs et de nuages, les collines de Marseille forment une ligne tragique; la Méditerranée, d’un bleu vitreux et noir, s’enfle et court, démontée: on dirait du rivage à l’assaut du paquebot; comme ses lames se creusent, précipitées, violentes et courtes? Nous avons le vent arrière et courons sur les vagues, le mistral nous pousse, mais nous dansons. Nous faisons mieux que danser, nous roulons et nous tanguons. Je suis le seul passager demeuré sur la passerelle. Assis sur un banc, le coude à la barre, je me soûle de l’ivresse physique du mouvement et de la vitesse. Comme l’élan vigoureux du bateau se prolonge! C’est opprimant, écœurant et délicieux, c’est le malaise dans le vide, la griserie d’anesthésie de la ballade de Verlaine: _Tournez, bons chevaux de bois!_ La _Ville-de-Bastia_ ne chevauche plus la houle, elle se rue à l’assaut des vagues qui l’assiègent, c’est le vertige d’une course à l’abîme... Le vent me fouette, j’ai les mains glacées et les tempes en sueur et le cœur chaviré; comme flottant avec elle sous les côtes, la tête vide, j’oscille avec la houle, je roule et je plonge, étreint partout d’un horrible délice, qui est, peut-être, le dilettantisme du mal de mer. Mais la nuit est venue: un malheureux soldat, qui s’était, jusqu’alors, obstiné à demeurer sur l’autre banc, en face, vient de descendre en titubant... Ce chapelet de points de feu, à l’horizon, au pied d’une barre d’ombre, ce sont les réverbères du Prado; la fumée du paquebot se déroule, funèbre, et semble s’envoler vers la côte: fuligineuse et noire, au lieu de diminuer, mes yeux hallucinés la voient s’accroître et grandir, plus dense à mesure qu’elle gagne l’horizon; elle y devient des silhouettes de collines connues, des aspects de rivage, une Provence de songe semble surgir de ses volutes. Le paysage devient fumeux lui-même, décor de ténèbres et de nuées, déroulé de la cheminée du paquebot, et créé, tel un mirage, dans la lividité d’un ciel d’hiver. Tout à coup, au ras des lames, une grande masse blême, comme un suaire tendu sur un énorme écueil; la mer est couleur d’encre, le récif d’une pâleur funéraire; j’ai la sensation que nous passons tout près, nous sommes loin,...

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Jean Lorrain was a French writer who saw the world through a very specific, often decadent lens. 'Heures de Corse' is his record of a trip to the island of Corsica. Forget a day-by-day itinerary; this is a mood piece. He wanders from town to town, observing the landscapes, the people, and the lingering atmosphere of vendettas and ancient pride. The book is a series of vivid, sometimes unsettling snapshots that build a portrait of a place stuck between its wild past and an uncertain future.

Why You Should Read It

You read this for Lorrain's voice. He's a fascinating, flawed guide—part poet, part gossip, part horrified tourist. He's drawn to the very things that unsettle him: the harsh light, the perceived savagery, the intense masculinity of Corsican life. His descriptions are incredibly sharp. You can feel the scorching sun and smell the dust. The book is less about Corsica itself and more about how this strange, beautiful place reflects the darker corners of the human experience. It's a masterclass in impressionistic writing.

Final Verdict

This isn't a book for someone looking for a plot-driven adventure. It's perfect for readers who love atmospheric, character-driven travel writing from a bygone era. Think of it as the antithesis of a sunny guidebook. If you enjoy authors who paint with words and aren't afraid to show you the shadows, Lorrain's peculiar vision of Corsica will haunt you long after the last page.



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Sarah Walker
1 month ago

Perfect.

Linda Hill
1 year ago

Honestly, the clarity of the writing makes this accessible. Definitely a 5-star read.

4
4 out of 5 (2 User reviews )

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