La bancale by Henri Bachelin

(11 User reviews)   3215
Bachelin, Henri, 1879-1941 Bachelin, Henri, 1879-1941
French
Hey, I just finished this quiet little French novel from 1910 that completely surprised me. It's about a simple farm woman named Françoise who lives a life of relentless work and quiet desperation. The 'bancale' in the title is her wobbly chair—the one place she can finally sit down. That's the whole mystery: what happens in a life where your only moment of rest is in a broken chair? It's not an adventure story, but a deep, still look at rural poverty and a woman's spirit. If you like books that make you feel the weight of a character's world, give this a try.
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du ciel comme des fruits mûrs, et parfument les rues de la petite ville. Langueurs de l’après-midi. Le soleil brûle l’herbe des chemins, fait éclatantes de blancheur les façades des maisons crépies à la chaux. Les papillons, les guêpes volent, bourdonnent autour des chardons rouges, des sauges bleues. Ils ne se reposent pas; le soir, il doit leur en coûter de replier leurs ailes. Elle reste, toute seule, dans un coin frais. Les volets joignent mal. Un rayon de soleil s’allonge. Elle a envie de se lever, pour le casser par le milieu, comme une baguette. Elle feuillette de vieux livres de prix dont elle sait par cœur les illustrations. Elle frissonne un peu, venu le moment de tourner cette page: d’étranges arbres se dressent, des tentes triangulaires se succèdent; devant l’une d’elles, toute blanche, un nègre élève, plantée au bout d’une pique, une tête sanglante. Vers cinq heures, la chaleur commençant à tomber, elle sort avec sa mère. On va sur la route où s’arrondit l’ombre des arbres. A des tournants, on se trouve en plein soleil. N’ayant point d’ombrelle, elle fait, de sa main ouverte, une œillère. Elle ne peut pas regarder l’eau de l’étang, pourtant d’un si joli bleu, à cause de la réverbération. Des carpes, brusquement, bondissent, avides d’air. On a juste le temps de les apercevoir. Que deviennent-elles, ensuite? Elle n’en sait rien. Parfois, des vieux, qui ne peuvent pas bouger, les arrêtent. Ils disent: --Où que vous allez comme ça, madame Panainnin? Entrez donc: il fait plus frais chez nous que dehors. Ou bien, on rend visite à d’autres pauvres laveuses de lessives. On dit: --Quel temps, aujourd’hui! De l’année, on n’a pas encore eu aussi chaud! Et l’on ajoute: --Ça ne peut pas continuer: il va sûrement faire de l’orage cette nuit! Elle se sent, là, dépaysée. Ces maisons, qu’elle connaît pourtant, lui sont hostiles. Elle se demande ce qu’il y a dans les armoires, si les placards ont trois rayons. Le linge, les rideaux des lits n’ont pas la même odeur que chez elle. On s’en revient par des ruelles désertes et chaudes. Il lui semble que les coqs ne chantent pas comme les jours de semaine. Elle aperçoit la place de l’Hôtel-de-Ville. Leurs devantures ouvertes, les commerçants sont assis, sur le trottoir étroit, à l’ombre. Des enfants jouent. Elle entend des rires et des cris. Elle voudrait les rejoindre, mais elle n’ose pas: elle est pauvre. Ils se moqueraient d’elle, à cause de sa jambe. On passe devant des maisons où les carreaux sont cirés et vernis: beaux tapis, fauteuils rouges, carrés de dentelle blanche sur les édredons. Les jours d’orage, le ciel jaunit, pareil au couvercle d’une immense casserole de cuivre. L’air doit être si épais, si lourd, que les poules, ouvrant le bec le plus qu’elles peuvent, respirent comme si elles avalaient d’énormes vers. Dans le quartier, c’est presque de l’épouvante. En hâte, des femmes rentrent, le tablier à peine gonflé de l’herbe qu’elles commençaient à ramasser dans leurs champs. Madame Leprun dit: --Je crois que nous allons avoir «une orage» comme il y a longtemps qu’on n’en a vu de pareille. Et la mère Boussard fait deux pas dans la rue, regarde, les mains sur les hanches, le clocher, et dit: --Pour sûr! Le «poulet» est tourné en plein vers le midi. Elle se tient debout sur le pas de la porte, avec Augustine, son aînée. La mère Panainnin est au lavoir, à l’abri sous l’auvent de tuiles. Des nuages arrivent de l’horizon. Une étrange clarté se répand: on croirait regarder le paysage à travers un verre jaune....

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La Bancale is a novel that unfolds slowly, like a long afternoon in the French countryside. First published in 1910, it follows Françoise, a peasant woman bound to a hardscrabble farm. Her days are a cycle of dawn-to-dusk labor for her family, with no thanks and little reward.

The Story

The plot is simple but powerful. We see Françoise's life through the seasons—planting, harvesting, caring for others, and facing constant hardship. The 'bancale' is her old, unsteady armchair. It's the one piece of furniture that is truly hers, and the only place she finds a fragile moment of peace. The story asks if a life of such sacrifice can have any meaning or joy. It's a close-up portrait of exhaustion and the small rebellions of a weary heart.

Why You Should Read It

This book got under my skin. Bachelin doesn't judge Françoise or her world; he just shows it to you with clear, honest prose. You feel the ache in her back and the chill of the house. It’s a heartbreaking look at how easily a person can become invisible, valued only for their work. Yet, Françoise's spirit, however worn, never fully breaks. Her connection to that wobbly chair is a powerful symbol of claiming one tiny piece of dignity in a world that gives you none.

Final Verdict

This is a book for patient readers who love character studies and social history. If you enjoyed the grim realism of Emile Zola or the quiet focus of a writer like Willa Cather, you'll find a lot here. It's not a cheerful read, but it's a moving and honest one that sticks with you. Perfect for anyone curious about forgotten lives and the raw details of history that often get smoothed over.



⚖️ Copyright Status

This publication is available for unrestricted use. Feel free to use it for personal or commercial purposes.

Kenneth Martinez
1 year ago

I had low expectations initially, however the content flows smoothly from one chapter to the next. This story will stay with me.

4.5
4.5 out of 5 (11 User reviews )

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